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mercredi 23 septembre 2009

BIENVENUE DANS LE NANOMONDE

L'arnaque du millénaire.

Les nanotechnologies ! Voilà une nouvelle expression de la novlangue. Un nouveau mot avec lequel il va absolument falloir que vous vous familiarisiez. Ne soyez pas ringards, c’est l’avenir, c’est moderne. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Technologie, on connaît. Nano, ce n’est pas très compliqué, c’est une référence au Système International de Mesure.
Pour les longueurs, l’unité c’est le mètre. Au dessus du mètre il y a, par exemple le kilomètre (1000 m). Au dessous du mètre, on a le centimètre (1/100ème de mètre), le millimètre (1/1000ème de m), le micromètre (1/1000000ème de m) ; c’est déjà bien petit. Une cellule vivante, un globule rouge, par exemple, mesure 7 micromètres. Vous en avez déjà vu des globules rouges ? Non ? C’est normal, il faut un bon microscope pour les observer. Demandez aux lycéens, eux ils en ont vus. Le diamètre d’un cheveu, c’est 50 à 100 micromètres. Mais il y a, bien sûr, beaucoup plus petit ; on passe au niveau moléculaire avec le nanomètre – nous y voilà – (1/1000000000ème de m). Oui, oui, vous avez bien compté les zéros, c’est le milliardième de mètre.
Donc, vous avez compris c’est de l’infiniment petit qu’il s’agit.

En quoi cette nouvelle science constitue-t-elle un progrès pour l’humanité ?
Ça doit être du lourd, du rentable, pour que les multinationales investissent des sommes astronomiques dans ces recherches. Et notre bon gouvernement français n’est pas en reste. Notre président a lancé le plan Nano-Innov. Vous avez été consulté, vous ? Non ? Moi non plus. Et nos parlementaires non plus ! Comme c’est bizarre !

Pourtant, dans quelques jours, va débuter une campagne de communication de grande envergure et fort coûteuse pour nous faire accepter les nanotechnologies et éviter, tant qu’à faire, le rejet par le peuple, après celui, cinglant, infligé aux OGM.

Pour marquer notre opposition à cette campagne d’intox, il faut avoir des arguments solides. Vous les trouverez sur plusieurs sites, mais je vous en recommande un, à consulter de toute urgence : AUJOURD’HUI LE NANOMONDE.

Ne vous laissez pas embobiner, il y a danger pour nos vies privées, pour les droits de l’homme. Il faut résister. « Résister c’est exister ! »

samedi 4 avril 2009

VOUS AVEZ DIT DEMOCRATIE ?


Il y a ceux qui pensent que l'on est toujours en démocratie et ceux qui affirment de plus en plus fort que l'on est déjà franchement dans un état policier.
Un fait divers à verser au dossier, pour argumenter ; les uns et les autres. Surtout les autres...

Lisez l'article de Claude-Marie Vadrot, journaliste à POLITIS et chargé de cours à l'Université Paris VIII où il enseigne la biodiversité et l'origine de la protection des espèces et des espaces.
C'est tellement ahurissant que certains ont pu croire à un poisson d'avril !

mardi 25 novembre 2008

MALES EN PERIL !

Des molécules perfides.

On sait depuis 1996 que l'accumulation dans l'environnement de certaines substances polluantes résultant des activités industrielles serait à l'origine de graves perturbations du système hormonal des animaux. Ce problème a pris une telle ampleur qu'il mobilise les chercheurs aux Etats Unis, au Japon et en Europe.
Parmi les troubles observés, nombreux et divers, on peut citer : des poissons qui changent de sexe ; des ovocytes qui se développent dans les testicules ; l'amincissement de la coquille des œufs de certains oiseaux qui met en péril la pérennité de l'espèce ; des métamorphoses atypiques chez des amphibiens occasionnant des développements anormaux ; des troubles du comportement et du système immunitaire de mammifères marins. Chez l'homme, l'augmentation de la fréquence de certaines pathologies, telles que les cancers des testicules, de la prostate et du sein, ainsi que des malformations des organes reproducteurs ou des dérèglements thyroïdiens, pourrait être associée à l'action de ces molécules perturbatrices endocriniennes, même si aucune relation de cause à effet n'a pu être encore établie d’une manière irréfutable à l'heure actuelle.

Quelles sont ces molécules ? Ont-elles été identifiées avec précision ? Sait-on comment elles agissent ? Quelles sont les conséquences à plus ou moins long terme de leur coupable activité sur l'humanité ?
Un premier constat s'impose, hélas, peu rassurant : ces substances sont extrêmement diverses et on en trouve dans toutes sortes de produits industriels, comme les pesticides, certaines peintures techniques, des cosmétiques, des plastiques. Il s'agit essentiellement de métaux lourds, de poly phénols, de phtalates. Inutile de développer ici les propriétés chimiques de ces composés. Il suffit de savoir que leur mode d'action consiste à brouiller le message hormonal. Or, ceci peut être obtenu de différentes manières : en imitant, par exemple, la structure des molécules hormonales, en se fixant sur les récepteurs membranaires qui tapissent la surface des cellules cibles des hormones, en inhibant la synthèse ou, au contraire, la dégradation des hormones. Il n'y a que l'embarras du choix pour ces molécules sournoises, et elles ne s'en privent pas.
Une des difficultés de la détection de ces substances est liée au fait qu'elles agissent à très faible dose, en conformité, d'ailleurs, avec les doses hormonales habituelles. Pour illustrer cette curieuse toxicité, une étude récente montre, chez des mollusques aquatiques exposés à l'une de ces molécules – du bisphénol A, pour ne pas la citer – une hypertrophie des ovaires et une ovogenèse suractivée, lorsque la dose d'exposition est de cent micro grammes par litre. Or, cet effet "féminisant" ne diminue pas avec la diminution de la concentration ; bien au contraire, il est trois fois supérieur avec vingt cinq micro grammes par litre. La relation dose/effet ne suit visiblement pas la variation habituellement constatée en toxicologie classique. Alors, c'est toujours la même question qui revient comme un leitmotiv : que faire ?

Commencer peut-être par établir une liste d'urgence parmi les quatre-vingt dix mille composés synthétisés par l'homme depuis le début de l'ère industrielle et détecter parmi eux les plus activement dangereux de manière à proposer une estimation du risque.
La tâche semble actuellement hors de portée des pays les plus riches, même si, reconnaissons-le bien volontiers – pour une fois – de louables efforts se manifestent ici où là. On comprend aisément qu'il ne s'agit pas seulement d'un problème budgétaire ; les implications techniques et réglementaires sont d'une inextricable complexité. Un consensus existe, semble-t-il, entre les industriels et les associations de protection de l'environnement, à propos de l'urgente nécessité d'avancer dans la mise au point de ces listes de produits testés et de l'évaluation des risques. Cependant, les modalités pour y parvenir font l'objet de débats âpres et, pour le moment, contre productifs, entre les tenants du principe de précaution et les thuriféraires du libéralisme pseudo autorégulé.
Extrait de Devenez écologiste, Presses du Midi

L’information diffusée par les grands médias, télévisuels notamment, est fortement sujette à caution. Alors, tant mieux si ARTE diffuse ce soir, mardi 25 novembre à 21 heures une émission à ne pas manquer. http://www.arte.tv/malesenperil

mardi 19 août 2008

L'ADN ET LES DROITS DE L'HOMME

Depuis quelques années, les laboratoires de recherche pharmaceutique sont confrontés à un problème économique qui les préoccupe au plus haut point : le nombre de nouvelles molécules qui arrivent sur le marché ne cesse de diminuer, sans doute à cause des effets indésirables de certaines d’entre elles, qui sont peut-être aujourd’hui davantage contrôlés et pris en compte que par le passé.

Du coup, il parait tentant de remettre sur le marché, sous couvert de nouvelles études, quelques unes de ces molécules qui avaient été rejetées, en les destinant plus particulièrement à certaines catégories de populations et non à tout le monde.

On assiste ainsi, peut-être, sous la pression des lobbies pharmaceutiques, à la naissance d’une médecine ethno-raciale de circonstances, dans laquelle on demandera au patient, en même temps que la description des symptômes dont il souffre, de déclarer lui-même son appartenance à un groupe ethnique.

L’exemple du BiDil, aux États-Unis, est révélateur de cette dérive marchande des connaissances sur l’ADN. Il s’agit d’un médicament contre l’hypertension artérielle dont la commercialisation avait été refusée en 1997 par les autorités compétentes et qui a fait un retour inattendu, sinon triomphal, en 2005, mais cette fois réservé d’une manière spécifique aux Afro-Américains. Bien entendu et fort heureusement, cette médecine « raciale » n’est pas acceptée par l’ensemble de la communauté médicale aux États-Unis. Mais il n’empêche que cette tendance existe bel et bien et qu’elle tend même à s’officialiser. Et cela coïncide – ce n’est peut-être pas un hasard – avec un penchant très net pour l’affirmation d’une appartenance communautaire décomplexée.
On voit donc que les infimes variations génétiques qui caractérisent l’espèce humaine, mises en évidence par la biologie moléculaire, sont exploitées à des fins idéologiques et économiques.

Le danger est bien réel. Il n’y a, en effet, qu’un pas à franchir entre la médicalisation spécifique de groupes ethniques et la hiérarchisation affirmée de ces mêmes groupes.

Pourtant, comme l’explique Axel Kahn, la prédisposition à une maladie génétique et le traitement médicamenteux qui lui est appliqué ne concernent que des variations très légères de l’ADN ; très peu de gènes interviennent dans ces processus, « alors que les capacités cognitives reposent, elles, sur un équilibre extraordinairement subtil entre l’inné et l’acquis. Equilibre dont nous ne savons aujourd’hui presque rien ».

Alors quelle attitude adopter face à ces contradictions déroutantes ?

L’aval de la science n’est pas nécessaire pour respecter tous les humains, les considérer sur un plan d’égalité, qu’ils nous ressemblent ou qu’ils soient différents de nous. C’est affaire de conscience, l’ADN n’a rien à voir là-dedans. La science peut nous instruire sur ce qu’est le monde, mais elle n’a pas vocation à nous dicter notre conduite.


Les droits de l’homme ne sont pas ceux de l’ADN. Comme le dit Albert Jacquard « on est raciste par besoin de se rassurer ». Se sentir différent des autres c’est, d’une certaine manière, se penser supérieur à eux. Pour Albert Jacquard encore, « on remplace sournoisement le constat d’une différence par l’illusion d’une supériorité ».

vendredi 18 avril 2008

LE CAPITALISME VERTUEUX


Une nouvelle recette à essayer de toute urgence

Nos amis Haïtiens viennent d’inventer le gâteau d’argile. La recette en est fort simple : il suffit de mélanger de la boue d’argile avec un peu d’eau croupie et vous obtenez une pâte qui fera un gâteau plein d’exotisme, un gâteau qui tient bien à l’estomac à défaut d’avoir du goût et de posséder un bon pouvoir nutritif. Une bonne recette en tout cas pour vous présenter sur les plages de vos vacances estivales, le ventre plat et la silhouette svelte.
Trêve de plaisanterie douteuse, c’est la colère qui monte : la famine est de retour sur notre belle planète libérale.

Le baril de pétrole à 115 dollars, il faut bien prévoir un carburant de substitution. Et voilà comment les grands patrons de la finance sans frontière ont su rebondir, déguisés en écolos modernes : les agrocarburants ! Il fallait y penser ! Ils y ont pensé.
Des centaines de millions d’hectares de terres cultivables ont ainsi été sacrifiés sur l’hôtel du 4X4, notamment au Brésil, terre de Lulla. Désespérant ! Cela représente entre 20 à 50 % de terres soustraites à l’agriculture nourricière.
Résultat : une hausse des prix des denrées de base, de l’ordre de 55 %.
De nombreux pays – Haïti, Egypte, Bangladesh, Guinée, Maroc, Mauritanie, Sénégal, Mexique – sont victimes d’une crise alimentaire sans précédent. Et ce n’est qu’un début !

À lire impérativement l’excellent éditorial de Denis Sieffert dans le dernier numéro de POLITIS (n° 998, du 17 au 23 avril). http://www.politis.fr
Vous pouvez aussi ré écouter l'émission de Daniel Mermet "Là-bas si j'y suis", sur FRANCE INTER du vendredi 18 avril : La faim du monde, avec Jean Ziegler comme invité. C'est l'auteur du livre "L'empire de la honte" paru en poche.
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis

Réagissez à cet article ; complétez-le. Il y a de quoi.

– Augmentation du tarif du fret.
– Spéculation financière.

Et n’oubliez pas, soyez préparés à l’offensive ; on va nous resservir la nécessité des OGM pour nourrir tous ces affamés. « Vous voyez bien que… ».
ECOEURANT !!!

vendredi 14 mars 2008

VOUS AVEZ DIT MONSANTO !!!

Quelques compléments à l'enquête diffusée sur ARTE.

Les OGM représentent-ils un progrès pour l’humanité ou un danger pour le vivant ?


Il est incontestable que les biotechnologies ont contribué à faire progresser la recherche fondamentale. Juste retour des choses. Mais il est tout autant indéniable que ces connaissances ne sont, évidemment, ni totalement désintéressées, ni innocentes, loin s’en faut et qu’elles représentent même un danger qu’il serait ridicule de minimiser. Se pose, en effet, le problème qui nous préoccupe tous : la manipulation sans contraintes, sans limites, des gènes. Manipulation dont les effets à long terme pourraient entraîner des conséquences imprévisibles à l’heure actuelle, non seulement sur l’évolution des écosystèmes, mais aussi sur celle de l’espèce humaine et donc sur son avenir.
En ce qui concerne les végétaux, comment est née l’idée de créer des plantes transgéniques ? Il y a déjà quelques décennies que les agriculteurs utilisent la bactérie Bacillus thuringiensis. Ils avaient remarqué que, répandue dans un champ de maïs sous forme de poudre ou de liquide, elle avait un effet insecticide. On s’était donc dit que si l’on parvenait à identifier le gène qui permet à cette bactérie de produire la substance insecticide – une protéine, bien sûr – et s’il était possible d’insérer ce gène dans les cellules du plant de maïs, on pourrait obtenir une plante capable de se défendre elle-même contre les insectes ravageurs, notamment la fameuse pyrale, mais hélas, aussi contre d’autres insectes moins nuisibles. Ce maïs insecticide fut donc le premier exemple concret et réel d’être transgénique.

Heureux de leur succès, auréolés de leur prouesse technologique, les « inventeurs » de ce maïs OGM se sont répandus dans les médias pour vanter les qualités exceptionnelles et l’intérêt vital de leur découverte, que l’on a parée de toutes les vertus, écologiques, économiques, alimentaires. On est allé jusqu’à affirmer que ce maïs, ne nécessitant plus d’insecticide, polluerait forcément moins. C’était aller un peu vite dans la louange, car si le paysan n’a plus besoin d’épandre de l’insecticide chimique, c’est bien parce que la plante le fait à sa place et probablement en beaucoup plus grande quantité que l’agriculteur bio, par exemple.
Mais il y a un autre aspect du rôle néfaste joué par cet OGM sur l’environnement et qui n’a été que fort peu débattu dans les médias et par les institutions chargées de conseiller l’État en vue de délivrer une autorisation de culture. En effet, les insectes, confrontés à cet insecticide à longueur de saisons et de manière intensive, sont soumis à une très forte pression sélective susceptible de favoriser certaines mutations modifiant le génome de l’insecte, le rendant plus résistant à cet insecticide. Attention, Super Pyrale arrive !

Comment construit-on un OGM ? Le principe de la technique utilisée est relativement simple. Il s’agit, dans un premier temps, d’isoler chez certaines bactéries, par exemple cette fameuse Bacillus thuringiensis, la plus connue, abondante dans les sols, dans l’air et sur le feuillage des végétaux, le gène qui commande la synthèse d’une protéine toxique pour certains insectes mais pas pour les vertébrés : la toxine Bt. C’est cette toxine qui est efficace contre la pyrale du maïs, un papillon dont les larves ravagent les plants de maïs.
Une fois le gène identifié, les enzymes de restriction font leur travail : couper des segments d’ADN correspondant à ce gène. Il reste alors à trouver un « vecteur » pour transférer ce gène dans les cellules végétales de la plante à traiter. Ce vecteur est une autre bactérie également présente en abondance dans les sols à proximité des racines : Agrobacterium tumefaciens. Le gène, intégré dans un petit chromosome particulier de cette bactérie appelé plasmide, est ensuite transféré dans des cellules du végétal que l’on veut modifier, par infection de petits fragments de feuilles.
La mise en culture des petits fragments de feuille permet le clonage des cellules infectées à partir desquelles, par culture in vitro, on obtiendra des plantes transgéniques que l’on pourra cultiver en plein champ.

Il existe d’autres types d’OGM. Certains contiennent des gènes de tolérance aux herbicides, dont les promoteurs – l’INRA notamment, en France – affirment que grâce à eux on utilisera moins d’herbicide, ce qui ne semble pas être confirmé par les faits : on n’observe pas la moindre diminution de la consommation de ces substances. D’autres OGM ont intégré le gène de stérilité mâle ce qui permet d’empêcher le réemploi des graines devenues stériles ; c’est cyniquement astucieux ; nous y reviendrons.
Le principal argument des pro-OGM consiste à mettre en avant les problèmes de sous nutrition dans les pays du sud, qui ne manqueront pas de s’aggraver dans les années à venir à cause des modifications climatiques et de l’augmentation des populations. Cela est vrai, sans doute et on pourrait même ajouter un troisième facteur, curieusement oublié d’ailleurs par les défenseurs des OGM : le détournement scandaleux de millions d’hectares de terres cultivables pour satisfaire la production, fort rentable semble-t-il, d’agrocarburants.
Alors, les habitants des pays pauvres ont-ils réellement besoin d’être inféodés à ces multinationales belliqueuses et tentaculaires qui commercialisent les OGM ? La réponse est non, bien sûr. C’est même exactement du contraire dont les agricultures de ces régions ont besoin. Il leur faut des aides concertées des états riches et non un pillage de leurs trop maigres ressources ; des aides concertées visant à leur donner une plus grande autonomie pour développer leurs cultures traditionnelles en adéquation avec les conditions écologiques locales et à leur restituer des terres confisquées.

Ces organismes végétaux génétiquement modifiés par transgenèse, contre lesquels lutte notre José Bové national, n’ouvrent donc aucune perspective intéressante dans le secteur agroalimentaire ; ils n’améliorent en rien la couverture des besoins alimentaires des pays du tiers-monde. Pire, les quelques rares aspects positifs semblent pour le moins contrebalancés par les énormes problèmes soulevés notamment par l’accaparement de ces techniques à des fins bassement mercantiles, bien loin de l’intérêt général de l’humanité. Sans compter les conséquences biologiques à plus ou moins long terme. La course aux brevets montre bien les buts réels poursuivis par les promoteurs de la plupart des OGM résistant aux insecticides et aux herbicides : les semences OGM et les divers produits chimiques complémentaires utilisés par les agriculteurs sont commercialisés par les mêmes sociétés. Il est d’ailleurs curieux de constater que l’article 5 de la directive 98/44/CE du parlement européen précise que les gènes peuvent être brevetés au même titre que n’importe quelle substance à la seule condition qu’ils aient une application industrielle concrète. C’est la porte ouverte aux excès les plus dangereux pour l’avenir du monde vivant.
Remarquons d’ailleurs qu’il n’y a pas que les gènes des végétaux qui soient ainsi soumis à la loi du marché, vingt pour cent des gènes humains seraient également brevetés par des entreprises privées et de ce fait, la recherche fondamentale doit payer des royalties chaque fois qu’elle étudie l’un de ces gènes sous brevet ! Un comble ! Le cas typique du gène BRCA1, identifié en 1995 comme un marqueur de prédisposition à un cancer du sein et de l’ovaire, permet de mesurer avec effroi l’agressivité dont font preuve les grandes firmes de biotechnologie pour banaliser le vivant et le réduire à un simple marché. La firme Myriad Genetics avait déposé un brevet sur ce gène, si bien que tous les tests ou tous les médicaments qui se rapportaient à ce gène généraient automatiquement des royalties. Même punition pour la recherche fondamentale qui ne poursuit pourtant pas de but lucratif. Il aura fallu plusieurs années de procédure, de nombreuses plaintes émanant de plusieurs instituts et ministères européens, pour qu’en mai 2004 l’Office Européen des Brevets annule ce brevet inique. Mais Myriad a déposé depuis un autre brevet sur un autre gène – BRCA2 – et la bataille continue…

Pour en revenir au type d’OGM évoqué plus haut, celui des graines rendues stériles, le gène « terminator » constitue un cas d’école particulièrement symbolique de cette dérive technologique sous la haute pression des lois du marché. Le 3 mars 1998, une société américaine, la Delta and Pine Land Company, obtenait un brevet intitulé « Le contrôle de l’expression des gènes », visant à contrôler, en effet, dans le temps, c’est-à-dire sur une seule année, la viabilité de la descendance d’une semence sans nuire à la récolte. En fait, la principale application de cette technologie est d’empêcher l’utilisation sans autorisation de semence de variétés protégées en faisant en sorte que les semences en question ne puissent pas germer une deuxième fois. On mesure bien là ce que cette technologie de voyou a d’immoral. Depuis des millénaires, depuis que l’agriculture existe pour nourrir les hommes, les graines que récolte le paysan pour l’alimentation des populations sont aussi la semence de l’année suivante. Cette pratique ancestrale, économique et écologique, a été perçue par les multinationales de la semence comme un frein outrancier à leur développement. En effet, tant que les graines que récolte l’agriculteur constituent la semence de l’année suivante, les perspectives de ce commerce de la graineterie sont forcément réduites. Mais comment s’y prendre pour ouvrir en grand ce marché prometteur sans braquer l’opinion publique ?
L’alliance contre nature – c’est le cas de le dire – de la génétique et de l’économie est venue en aide à ces semenciers avides et sans scrupules. Les graines brevetées vendues par Monsanto, ce géant de l’agroalimentaire qui a acheté la Delta and Pine Land Co et son brevet, ne germent qu’une seule fois ; le paysan est ainsi contraint, au mépris des lois de la nature, au mépris de sa dignité, de se réapprovisionner en graines après sa récolte, année après année. Ce n’est rien d’autre que du racket. Les plantes qui poussent dans son champ, victimes du terrible gène terminator et du triomphe du profit capitaliste sur le vivant, ne sont plus que des êtres vivants dépouillés de leur caractéristique la plus fondamentale : le pouvoir de se reproduire et de se multiplier. Evidemment on est loin du paradis vert promis par le complexe génético-industriel. On en est tellement éloigné que la Fondation Rockefeller, que l’on ne peut pas soupçonner de connivence avec les alter mondialistes, au nom de l’éthique, a qualifié ce gène terminator de « technologie devenue folle », contraignant ainsi la firme Monsanto à renoncer à cette technique. Mais alors, des versions plus discrètes, plus édulcorées, ont pris le relais. Les géants dominateurs de l’agroalimentaire ne se sont pas rangés soudainement, dans un salutaire sursaut de philanthropie, du côté du vivant, du côté des paysans.
Pour illustrer cette persévérance têtue de ces firmes « devenues folles », on peut aussi citer la méthode consistant à introduire des gènes d’intérêt agronomique permettant de résister à certaines maladies à condition que ces plantes OGM soient alimentées avec un produit chimique complémentaire vendu en même temps que la semence transgénique. Les gènes en question ne peuvent s’exprimer qu’en présence de cette substance. C’est de la vente forcée car si le paysan n’achète pas ce produit, la plante, malade, dépérit.
Mais, bien plus grave encore que l’implication économique, cette modification du vivant appelle quelques remarques plus fondamentales. Au plan de la santé publique, le simple principe de précaution, dont on a vu l’émergence très récente, s’impose incontestablement malgré l’acharnement de certains grands penseurs qui voient dans ce principe une entrave au progrès ; pour eux il n’y a pas de développement possible sans prise de risque. Mais qui court le risque ? Les grandes firmes multinationales milliardaires et leurs actionnaires anonymes ? L’accroissement de la résistance des bactéries aux antibiotiques à la suite du transfert, chez des plantes, de gènes résistants à ces bactéries, a de quoi inquiéter. Peut-on affirmer sérieusement que la consommation de ces plantes transgéniques n’aura aucune conséquence sur la santé des hommes ? Quelle expérimentation le prouve et avec quel recul ?
De même, il est difficile de nier, par exemple, le risque écologique de voir mettre en péril la biodiversité, au profit d’espèces plus résistantes, mais forcément moins nombreuses ; l’équilibre des écosystèmes pourrait être bouleversé dans des proportions que l’on ne peut prévoir aujourd’hui à coup sûr. De plus, prétendre que les champs de plantes transgéniques sont bien délimités et que la contamination des parcelles situées à plusieurs kilomètres est impossible, relève de la plus pure fantaisie ; le vent et les insectes peuvent disséminer les grains de pollen jusqu’à des dizaines de kilomètres.
Enfin, que dire des désastres économiques engendrés par la course à l’argent des grandes multinationales de l’agroalimentaire qui pourrait aboutir, à plus ou moins brève échéance et à force de surenchères technologiques, à la ruine et à la disparition d’une agriculture traditionnelle régionale, équilibrée, soucieuse de l’environnement et donc de l’avenir de la planète et de ses habitants, au profit de grands groupes agro-industriels ?

Alors faut-il abandonner toute recherche dans un domaine aussi sensible ? La réponse est non bien sûr, mais la prudence est de mise. Le meilleur moyen, en effet, de juger de l’intérêt pour l’humanité tout entière des cultures d’OGM, est l’expérimentation. Mais ces expériences doivent être conduites avec rigueur, sur des programmes précis, définis d’une manière démocratique et sous serres confinées, c’est-à-dire sans risque de dissémination par les agents naturels. Il n’y a aucune raison que des intérêts privés décident à la place des pouvoirs publics, c’est-à-dire des citoyens. Lors du fameux Grenelle de l’environnement, ce grand colloque tape-à-l’oeil initié par le gouvernement de la France pour faire l’inventaire des problèmes écologiques et prendre, éventuellement, quelques « mesurettes », un timide moratoire sur les cultures OGM a été décidé en novembre 2007. Un moratoire qui devait geler la culture du maïs Mon810 pour plusieurs mois. On a appris quelques semaines plus tard qu’il ne s’agissait que de suspendre la vente des semences de cette variété OGM pendant l’hiver. Il y a de quoi rire ! Les agriculteurs pourront donc semer les graines du Mon810 au printemps suivant, du moins ceux qui le veulent, défendus avec véhémence par la FNSEA, dont on connaît les accointances avec les grands lobbies des semenciers ! Une belle mascarade en vérité. A-t-on déjà vu, en effet, semer du maïs en hiver ? Cela ressemblerait fort à un gag et on pourrait en rire, mais hélas ce n’en est pas un. Reconnaissons néanmoins qu’un petit effort a été fait, dans un premier temps, pour encadrer les cultures d’OGM et responsabiliser les producteurs en cas de dissémination des pollens hors des limites parcellaires autorisées. Cependant, il aura fallu toute la détermination de José Bové et de quelques faucheurs volontaires, mettant en jeu leur propre santé lors d’une grève de la faim de plus de dix jours, pour arracher enfin du pouvoir politique la seule décision raisonnable que de nombreux pays européens ont déjà prise, bien avant la France : l’interdiction de toute culture du maïs Mon 810 sur notre territoire.
La Haute Autorité chargée par le gouvernement de se prononcer sur les risques encourus par l’environnement et par la santé publique a même reconnu, dans un rapport publié en janvier 2008, que l’impact des OGM, et en particulier du fameux Mon810, sur les êtres vivants à proximité du champ cultivé, n’était pas parfaitement évalué et que des études récentes semblent démontrer des effets non prévus sur la flore et sur la faune, notamment sur des insectes pollinisateurs et sur les vers de terre. Ce rapport souligne par ailleurs ce que de nombreux biologistes s’escrimaient à démontrer, dans l’indifférence la plus totale des élus : la contamination par les pollens transportés par le vent peut se faire jusqu’à des dizaines de kilomètres, voire une centaine, du champ d’origine. On est loin du rassurant « il n’y a aucun risque, quelques dizaines de mètres entre les champs cultivés en OGM et les cultures traditionnelles suffisent pour assurer la non contamination ». De qui se moque-t-on ? Combien de temps nos dirigeants pourront-ils résister à la pression des grandes multinationales du monde libéral, voraces et motivées par les seuls profits de leurs actionnaires ? En ont-ils seulement la volonté ?

OGM : Organisme Génétiquement Modifié. Organisme dont on a modifié le génome par introduction, dans son ADN, d’un gène étranger. Ce transgène, inséré au hasard dans l’ADN hôte, s’exprime en modifiant le phénotype de l’OGM.

lundi 28 janvier 2008

LA VIE ARTIFICIELLE. C'EST POUR BIENTOT !

Saura-t-on, un jour, fabriquer de l’ADN ?


Si l’ADN est bien la molécule la plus caractéristique et la plus essentielle du vivant, la tentation est grande, évidemment, de fabriquer de l’ADN artificiel. Les récits de science fiction ont fait la part belle à des personnages créés de toutes pièces par des savants fous : des robots, des êtres humains « bioniques », qui finissent, tôt ou tard, par échapper au contrôle de leurs maîtres humains. Mais, comme souvent dans le domaine des sciences, la réalité rattrape la fiction et la dépasse parfois. Créer une vie artificielle est passé du mythe au possible. En 2003, un généticien américain, Craig Venter, réussissait pour la première fois la synthèse d’un virus artificiel dont l’ADN était constitué de cinq mille trois cent paires de nucléotides à peu près, ce qui est évidemment très peu par comparaison à l’ADN humain, mais c’est néanmoins une fantastique avancée technologique. Certes, on pourra toujours objecter qu’un virus n’est pas à proprement parler un être vivant et que cet exploit scientifique doit être confirmé à une autre échelle du vivant. Ce fut le cas en 2007. Une équipe de chercheurs dirigée par ce même Craig Venter a réussi à réaliser la synthèse de l’ADN entier d’une bactérie, c'est-à-dire d’une véritable cellule vivante. Le but poursuivi par ce généticien est la création d’une bactérie artificielle, qui répondra au doux nom de Mycoplasma laboratorium, pour en faire une « usine biochimique » capable de produire de l’éthanol ou de l’hydrogène.
Par comparaison avec l’ADN viral, l’ADN de la bactérie qui a servi de modèle comprend plus de cinq cent quatre vingt mille paires de nucléotides. Bien qu’il s’agisse là encore d’un génome extrêmement simple, on imagine sans peine que la construction d’un tel édifice moléculaire qui est formé d’à peu près quarante millions d’atomes de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’azote et de phosphore, est une toute autre affaire, un véritable exploit technique.
Mais que faire de cet ADN ? Dans une éprouvette il ne sert évidemment à rien. Pour qu’il puisse s’exprimer, c’est-à-dire gouverner la synthèse de protéines utilisables par l’industrie chimique, il faut qu’il soit intégré à l’intérieur d’une bactérie ou plus exactement dans l’enveloppe presque vide de cette cellule et ceci n’est pas simple à réaliser. Cependant, Venter et ses collaborateurs ont réussi à transplanter le génome entier d’une bactérie dans une de ses cousines. C’est un premier pas, sans doute décisif, avant l’introduction du fameux génome synthétique.
Malgré quelques difficultés techniques qui restent à résoudre, l’expression d’un génome entièrement artificiel est donc parfaitement réalisable chez des cellules rudimentaires telles que les bactéries. Il y a fort à parier que la cellule bactérienne contenant cet ADN synthétique verra le jour avant quatre ou cinq ans.
Faut-il se réjouir ou, au contraire, s’inquiéter de ces prouesses technologiques ? Les deux évidemment. On ne peut être qu’émerveillé en effet devant tant d’intelligence et de savoir faire. On ne peut que se réjouir des espoirs suscités par les possibilités offertes par ces nouvelles techniques de production de molécules qui pourront peut-être contribuer à diminuer les pollutions, apporter des solutions aux problèmes de pénuries énergétiques, soigner des malades atteints de pathologies graves. Mais en même temps on ne peut que s’inquiéter du risque de voir « fabriquer » un jour des agents pathogènes à des fins terroristes par exemple. Antoine Danchin, directeur du département génomes et génétique de l’Institut Pasteur, a exprimé des craintes argumentées concernant le séquençage rendu public du virus de la variole éradiqué depuis 1977 grâce à la vaccination. La synthèse du génome de ce virus mortel qui comprend quelques cent quatre-vingt mille paires de nucléotides est désormais envisageable et c’est une lourde menace pour l’humanité.
Bien entendu tous ces chercheurs talentueux ne sont pas prêts à laisser leurs découvertes aux mains de dangereux individus aux projets exterminateurs. Craig Venter a d’ailleurs créé un groupe de réflexion sur ces questions éthiques qui a déjà publié un rapport sur « la gouvernance de la génomique synthétique » visant à contrôler les activités des laboratoires spécialisés dans ces recherches et dans leurs applications.
Le monde dans lequel nous vivons est porteur d’espoir et de craintes. C’est à nous, les hommes, les citoyens, de maintenir nos consciences en éveil pour éviter le chaos. Les enseignements de l’histoire nous ont appris que les découvertes scientifiques peuvent être tragiquement détournées à des fins destructrices ; le souvenir d’Hiroshima et de Nagasaki en atteste. Prudence et vigilance !

mardi 8 janvier 2008

A PROPOS DES FARC DE COLOMBIE

Il y a ADN et ADN !

L’affaire des otages des FARC en Colombie, outre son contexte dramatique sur le plan humain, mérite que l’on s’y attarde quelques instants à propos de l’ADN.
On se souvient que le petit garçon de Clara Rojas, une compagne d’infortune d’Ingrid Betancourt, avait été libéré par les révolutionnaires et se trouvait aux mains de l’assistance publique en Colombie. Mais il y avait un doute sur la filiation de cet enfant avec sa mère supposée. Un test ADN a été effectué en comparant des échantillons sanguins prélevés sur le garçon âgé de trois ans et demi, sur sa grand-mère maternelle présumée et sur un frère de Clara Rojas. Les résultats furent sans ambiguïté, la compatibilité entre ces trois échantillons levait tout doute sur la filiation de cet enfant ; sa mère est bien Clara Rojas, la prisonnière des FARC. Que nous apporte cette anecdote tristement connue à propos de ces tests ADN ?
On connaît l’existence d’un ADN localisé ailleurs que dans les noyaux des cellules. Cette molécule est en effet contenue dans des petits organites spécialisés dans la production d’énergie pour la cellule et appelés mitochondries.
Or, au moment de la fécondation, l’œuf est formé par l’ovocyte maternel, qui est une cellule normale contenant beaucoup de cytoplasme et donc des mitochondries, alors que seul le noyau du spermatozoïde, qui n’a pour rôle que d’apporter les chromosomes du père, pénètre dans l’ovocyte ; donc, pas de cytoplasme ni de mitochondries d’origine paternelle dans l’œuf humain. Par conséquent, nos mitochondries ne proviennent que de nos mères.
L’analyse de l’ADN mitochondrial est donc absolument fiable pour déterminer la filiation entre mère et enfant. Dans le cas de cette famille colombienne, la grand-mère a cédé son ADN mitochondrial à ses enfants et notamment à Clara Rojas, sa fille, qui l’a, elle-même, transmis au petit Emmanuel, son fils.

mercredi 2 janvier 2008

UNE SI BELLE GUIRLANDE !

L'ADN ME FAIT PENSER A UNE GUIRLANDE DE NOEL. DE NOEL VRAIMENT ?


Je ne crois pas au paradis. En revanche, je sais que l’enfer existe. Il ne se trouve pas dans les entrailles brûlantes de la Terre ; ce n’est pas l’enfer du poète Dante. Il est ici bas, sur le sol ensoleillé de notre belle planète. C’est l’enfer au quotidien des exclus, des pauvres, des sans-abri, des handicapés, des malades, des femmes mal traitées, des victimes de la violence d’autres hommes. À ceux-là, bien sûr, on promet le paradis dans l’au-delà. C’est commode et c’est vieux comme le monde. Souffrez sur Terre, braves gens, patientez, n’enviez pas les riches, les heureux, ne contrariez pas les puissants, vous les retrouverez au ciel et vous serez alors leurs égaux. Votre séjour sur Terre, c’est du provisoire ; la vie éternellement heureuse vous est promise et Dieu tient ses promesses, faites lui confiance et surtout faites-nous confiance ! En attendant, ne réfléchissez pas trop. Regardez plutôt la télévision, instructive et distrayante !

Tant que l’on croyait que Dieu avait créé l’homme à son image, tant que l’on faisait remonter l’âge de la Terre à dix mille ans environ et l’apparition de l’homme à Adam et Eve, les choses étaient simples, pour les croyants du moins. Aujourd’hui tout a changé et la science contredit d’une manière abrupte mais avec sérénité, avec une tranquille assurance, les dogmes religieux établis depuis des siècles. Homo sapiens est apparu il y a sans doute deux cent mille ans et la Terre est vieille de quatre milliards et demi d’années. Comment les religions peuvent-elles s’accommoder de tels bouleversements ? Comment peuvent-elles tout simplement survivre ? C’est un mystère qui trouve peut être une part d’explication dans l’ignorance des uns – la grande majorité – et dans le désir qu’ont les autres de justifier leurs comportements en entretenant au passage cette ignorance des peuples. Mais, bien sûr, cette double hypothèse n’est pas suffisante. Il reste sans doute chez Homo sapiens une part d’irrationnel qui le conduit, par exemple, à placer sur un plan d’égalité la science et les croyances. L’opposition récurrente entre les « évolutionnistes » et les « créationnistes » est assez révélatrice de cette lutte permanente, dans le cerveau d’Homo sapiens, de la raison contre la mystique de la foi. La raison qui ne donne à la vie que le sens de son existence et la foi rassurante qui donne un sens précis à notre propre existence en ce bas monde.

Qu’en est-il de l’ADN ? Cette énorme molécule qui contient toutes les informations nécessaires à la fabrication des êtres vivants, de tous les êtres vivants, donne un sérieux coup de vieux à ceux qui croient encore à la Création par un Dieu tout puissant et à l’imagination débordante. La réalité est à la fois plus simple et plus rassurante à la condition d’admettre l’existence d’un maître d’œuvre neutre et impartial : le hasard. Mais pas le hasard du joueur de dés ; le hasard qui résulte du big bang, celui qui ne peut s’exprimer qu’avec le temps et qui joue non pas avec des dés mais avec des atomes. Ce qui est impossible à l’échelle d’une vie humaine a infiniment plus de chance de se produire sur des millénaires, des millions d’années et encore plus sur quelques milliards d’années.

L’ADN n’est qu’une molécule, mais une molécule complexe et c’est précisément dans cette complexité de la matière que réside le mystère de la vie. Le père Teilhard de Chardin écrivait en 1950, peu de temps avant de mourir, que « la vie est la forme que prend la matière à un certain niveau de complexité ». Pouvait-on mieux résumer la pensée profonde – le dogme ? – de la biologie moderne que par cette formule concise et précise d’un religieux, d’un jésuite ? Pour lui il n’y a pas d’opposition entre la foi catholique et la science. Le tout est de savoir où l’on place Dieu. Il est la conscience suprême, spirituelle, mais il n’est, pour le chercheur jésuite, ni à l’origine de la Terre ni à celle de la vie. C’est, évidemment, encore trop pour les athées, mais cette conception de la foi a au moins le mérite de sauver les apparences de la réflexion, d’accepter les connaissances qui dérangent, de ne pas bafouer la conscience humaine.

Il n’existe aucune molécule comparable à l’ADN dans le monde minéral. Cette complexité est bien la marque de fabrique du vivant ; l’ADN n’est d’ailleurs pas la seule molécule complexe, les protéines n’ont rien à envier sur ce plan de la complexité à leur matrice. L’unité du monde vivant, solidement étayé par toutes ces molécules organiques complexes est, sinon une preuve, du moins un argument très fort en faveur de l’apparition aléatoire de la vie sur la Terre. Rappelez-vous : tous les êtres vivants, des bactéries les plus rudimentaires aux animaux les plus évolués et à l’homme, depuis les virus jusqu’aux végétaux, possèdent le même ADN, avec le même alphabet, le même code. Comment peut-on nier, dans ces conditions, la parenté entre tous les vivants de cette planète et donc leur origine commune ?

Le pape reconnaît aujourd’hui l’ADN comme support « matériel » pour ne pas dire matérialiste – ça n’irait pas avec support – de l’information génétique et les découvertes qui fondent le concept d’évolution, mais il laisse à d’autres, plus « intégristes », le soin d’entretenir le doute. En revanche, l’Eglise n’admet pas que l’hyper complexification de la matière ait pu engendrer la conscience. Encore une bonne occasion de résister pour tous ceux qui ne « croient » ni en Dieu ni à la science car la science n’est pas une croyance, mais un savoir ; savoir qui n’exclut d’ailleurs pas le doute.

Finalement, entre la foi religieuse, qui s’en réfère à Dieu pour pardonner toutes les misères du monde et le tout-ADN des sociobiologistes, par exemple, qui ne croient qu’au déterminisme génétique des comportements humains, il y a comme une affinité objective et troublante. Ces deux conceptions de l’existence sont réductrices de l’humanité ; elles légitiment l’injustice sociale et excluent le libre-arbitre individuel. L’homme n’est plus libre ; il y a, au dessus de lui, le Dieu du ciel pour certains ou le Dieu ADN pour d’autres.

A LA SAINT ELOI !

ELOI COMME ELOI GNEMENT
L'art et la manière d'être sorti par la porte et de revenir par la fenêtre !
Rejeté le 13 mars 2007 par le Conseil d'Etat, le projet de loi visant à poursuivre les sans papiers, mais aussi ceux qui les hébergent et même ceux qui, par compassion, leur rendent visite dans les Centres de rétention, réapparait sous une forme à peine édulcorée.
A consulter absolument l'article de la LDH TOULON : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2434

dimanche 11 novembre 2007

OGM ! ENCORE ET TOUJOURS ! IL N'Y A PAS DE QUOI RIRE !

On a appris ces jours-ci que José Bové venait d'être convoqué devant le juge d'application des peines en vue d'effectuer les 4 mois de prison ferme auxquels il a été condamné au printemps dernier.
Autre info : à la suite du fameux Grenelle de l'environnement, le ministre Borloo confirme, lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale, que la France allait appliquer la "clause de sauvegarde" qui permet de suspendre la commercialisation et la culture de semences génétiquement modifiées. Il s'agit en fait du fameux maïs OGM MON 810 mis au point et vendu par la sulfureuse multinationale de l'Agroalimentaire MONSANTO.
Or, appliquer la clause de sauvegarde revient, de fait, à mettre en oeuvre un moratoire. Ce que réclament avec la véhémence et la conviction que l'on sait, les anti OGM et ce que soutient une large majorité de nos concitoyens.
Mais il y a comme un défaut comme dirait l'autre.
D'un côté on veut mettre en prison le défenseur du mouvement anti OGM et, dans le même temps, on reconnait que les impacts sanitaires et environnementaux du maïs MON 810 n'ont pas été évalués correctement, d'où l'application de la clause de sauvegarde. Mais justement, appliquer cette clause revient à reconnaître implicitement que le combat des anti OGM est juste.
Triste et absurde contradiction ! Pour ne pas dire tragique !
Réclamons donc l'arrêt immédiat des poursuites judiciaires dont sont victimes les anti OGM et leur leader emblématique.

dimanche 28 octobre 2007

LES PRODUCTEURS BIO SONT DECOURAGES.



Agriculture biologique : les jeux sont faits depuis longtemps.

Monsieur Sarkozy ne craint pas les paradoxes : alors qu’il annonçait en mai dernier, en lançant le processus du « Grenelle de l’environnement », son engagement à ne pas prendre de décision importante concernant l’environnement avant la fin du dispositif, la représentante de la France n’a pas hésité en juin à voter en faveur du nouveau règlement européen de l’agriculture biologique proposé par la Commission, au mépris des propositions du Parlement européen et de la mobilisation des associations.Une réglementation déplorable, qui dénature la bio et ouvre un boulevard aux productions industrielles.

vendredi 26 octobre 2007

UN GRAND ABSENT DU GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT : LES AGROCARBURANTS


Une vaste campagne d'intoxication.



De nombreux aspects de la défense de la planète ont été débattus ou au moins évoqués lors de ces fameuses conférences. Mais parmi les sujets qui pourraient fâcher, silence absolu ou presque sur les agrocarburants et leurs terribles conséquences sur l’avenir de l’humanité.

A consulter impérativement l’article de Dominique Guillet paru sur le site Liberterre et qui fait froid dans le dos. « METTEZ DU SANG DANS VOTRE MOTEUR – LA TRAGEDIE DES NECROCARBURANTS » http://www.liberterre.fr/gaiasophia/agriculture/agro-industrie/necrocarburants-1.html

Pour les multinationales de l’automobile, le coup d’envoi de la grande offensive sur les « bio » carburants a été donné lors du dernier salon de l’agriculture, transformé fort opportunément en salon de l’automobile. Tous les constructeurs, Peugeot, Renault, Ford, clament haut et fort qu’ils vont sauver la planète avec l’éthanol et les huiles de colza. Leur slogan a de quoi séduire : « le carburant qui voit la vie en vert ». Le terme de « bio » carburant est promu avec fracas et à grand renfort de pub. Ce terme de « bio » passe bien dans le public. Pourquoi se priver d’un tel écho ?

Mais les carburants végétaux ne sont pas bios. Ils sont produits à partir de plantes cultivées avec toute l’artillerie lourde de l’agriculture intensive, de l’agrochimie et des pesticides.
Les carburants végétaux ne sont pas verts et pour Dominique Guillet, ils seraient même plutôt rouges, de la couleur du sang. Ils vont entraîner un accroissement de la sous-nutrition dans le monde, de la famine, de la misère sociale, du déplacement des populations, de la déforestation, de l’érosion des sols, de la désertification et de la pénurie en eau.


Un seul exemple. Selon les « Amis de la Terre », en Indonésie, le gouvernement envisage la destruction de 16,5 millions d’hectares de forêt tropicale pour planter des palmiers à huile. En Malaisie, 6 millions d’hectares. A Sumatra et Bornéo, quelques 4 millions d’hectares de forêts ont été convertis en plantations de palmiers à huile. Des milliers d’habitants de ces régions ont été expulsés de leurs terres et près de 500 Indonésiens ont été torturés lorsqu’ils ont tenté de résister. Toute la région est en train de devenir un immense champ de « pétrole végétal ». Et toute cette tragédie pour satisfaire le marché européen du « diesel végétal ».

jeudi 25 octobre 2007

GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT : MITIGE !

Après les nombreuses réunions de travail entamées voilà 3 mois environ, on commence à prendre connaissance des premières conclusions.
Du bon- un peu - et du moins bon -beaucoup plus.
Dans les "bonnes résolutions" : moratoire probable sur les OGM, affirmation nette de l'importance de la biodiversité et de la nécessité de maintenir une bonne santé environnementale. Dans les conclusions plus décevantes : report des principales décisions au 15 décembre, le gouvernement se réserve ainsi la possibilité de modifier à sa guise les conclusions réelles des participants, flou législatif sur les mesures à prendre, question du nucléaire soigneusement évitée.
Les associations conviées à ce Grenelle très médiatisé ont toutes joué le jeu à fond malgré la crainte d'être plus ou moins manipulées à des fins de basse politique-spectacle. Ce qui fait fureur en ces moments bénis de début de règne.
Mais il n'y a pas que le Grenelle officiel. D'autres associations, syndicats, simples citoyens se sont retrouvés dimanche 21 octobre en marge de la grand-messe de Borloo, pour tirer les conclusions des diverses manifestations qui se sont déroulées à Marseille (le 29 septembre) et à Lyon (le 6 octobre) notamment.
On attend avec impatience de pouvoir confronter ces deux "Grenelle" parallèles et en opposition.
Par ailleurs, le Réseau "sortir du nucléaire" appelle à manifester le samedi 27 octobre à 15 heures, place de Fontenoy à Paris.

jeudi 18 octobre 2007

DECIDEMENT ILS NE RENONCENT PAS


NOUVELLE OFFENSIVE DES CREATIONNISTES CONTRE LA THEORIE DE L'EVOLUTION.

Sous le titre "Qui veut la peau de Darwin ?" Ingrid Merckx (POLITIS) met l'accent sur l'inquiétude des chercheurs et des enseignants à propos de la nième tentative de remise en cause du concept d'évolution des espèces.

A lire : - dans POLITIS N°972 du 18 au 24 octobre, l'excellent article d'Ingrid Merckx http://www.politis.fr/Qui-veut-la-peau-de-Darwin,2112.html





- voir aussi le blog ECOSVT http://blog.ecosvt.com/

Un Univers de matière

Que sommes-nous dans l’Univers ? Quelle y est la place de notre galaxie, la Voie lactée ? De notre étoile, le Soleil ? De notre planète, la Terre ? De notre espèce, Homo sapiens ? Comment cet Univers de matière a-t-il pu engendrer la conscience ? Cette conscience, apanage de l’espèce humaine, existe-t-elle ailleurs que sur la planète bleue ? Sommes-nous seuls dans l’immensité sidérale ? Qu’y avait-il avant cette explosion initiale qui remonte à quinze milliards d’années et que l’on nomme big-bang ?
Toutes ces questions, nous nous les posons souvent et à tout âge, mais nous n’avons que des réponses partielles, fragmentaires, qui ne nous satisfont que rarement. Pourtant, ces réponses incomplètes, s’ajoutant les unes aux autres, finissent par construire un scénario encore inachevé, certes, mais qui raconte déjà une bien belle histoire. Celle de notre lointaine origine. Cette histoire grandiose est bien plus envoûtante que celle que nous proposent les religions. Les décors y sont bien plus impressionnants : il n’est pas question de montagnes, de déserts, ni même de notre petit coin de ciel, ou des entrailles brûlantes de la Terre, mais de l’espace infini. Les durées sont bien plus grandes : il ne s’agit pas de quelques millénaires, mais d’une quinzaine de milliards d’années. C’est une toute autre dimension. Les acteurs sont bien plus nombreux et les rôles plus divers. Mais surtout, la mise en scène est bien plus brillante ; le suspense est soutenu depuis le début du premier acte ; il n’y a pas de référence à un marionnettiste – fût-il talentueux – qui tirerait toutes les ficelles au gré de ses caprices. Pourtant, l’improvisation ne semble pas être de mise dans ce spectacle fabuleux ; tout s’enchaîne comme si l’écriture de cette pièce était le résultat d’un travail minutieux et inspiré, mais un travail permanent, en continu, des trois/huit en quelque sorte. Il a dû falloir de nombreuses répétitions et beaucoup d’échecs pour parvenir à une telle perfection. Chaque scène annonce la suivante dans un enchaînement parfait. Le résultat, c’est ce spectacle fascinant auquel nous assistons. Mais il s’agit d’un spectacle interactif : nous y sommes associés, nous pouvons intervenir et modifier, par exemple, la fin du scénario, du moins dans sa partie qui nous concerne.


La principale différence entre la conception religieuse de la création et l’approche scientifique de l’Univers tient, finalement, dans la forme du questionnement : pourquoi ou comment. Le religieux s’attache à donner du sens à la création. Pourquoi le monde est-il ainsi fait ? Parce qu’il est le projet d’un créateur ; c’est, en effet, la seule réponse possible au « pourquoi ». La science est, bien entendu, incapable de répondre à une telle question. Sa préoccupation est de nature différente. Il ne s’agit que de répondre au « comment ». C’est le « pourquoi » qui n’a pas de sens pour elle. Comment la vie est-elle apparue sur la Terre et comment a-t-elle évolué ?